Période
Monnayage féodal et royal médiéval
Du morcellement carolingien aux grandes réformes royales, quand chaque seigneurie battait sa propre monnaie.
Après l’effondrement de l’autorité monétaire unique carolingienne, le droit de battre monnaie se disperse entre le roi et un grand nombre de seigneurs laïcs et ecclésiastiques : comtes, ducs, évêques. La France des Xe-XIIIe siècles est ainsi couverte d’ateliers féodaux, chacun frappant des deniers d’argent de titre et de poids très variables, ce qui complique considérablement les échanges. La reconquête progressive du monopole royal, engagée sous les premiers Capétiens, s’accélère sous Saint Louis : l’ordonnance de 1266 crée le gros tournois d’argent, une monnaie forte destinée à circuler au-delà du domaine royal et à s’imposer comme référence. Les rois suivants, notamment Philippe le Bel, multiplient les mutations monétaires (dévaluations et réévaluations) pour financer leurs guerres, une pratique qui laisse une image durable de manipulation monétaire dans les chroniques du temps. La fin de la période voit le monnayage royal se stabiliser et les ateliers seigneuriaux s’éteindre progressivement, absorbés par la couronne. Ces monnaies, souvent frappées au marteau sur des flans irréguliers, portent la marque visible de leur fabrication artisanale — un contraste net avec la régularité mécanique des siècles suivants.
Récits