Le Cabinet des Millésimes

Mon engagement

Je ne transforme jamais une pièce qui a de la valeur pour un collectionneur. Voici comment je m'en assure, et pourquoi vous pouvez le vérifier.

Le reproche

« Vous détruisez le patrimoine. »

Je l’entends souvent, et je le comprends. Découper une pièce de monnaie paraît violent. Mais ce reproche repose sur une confusion : celle entre ancien et rare.

Une monnaie de collection tire sa valeur de deux choses, la rareté et l’état. Un 5 francs Semeuse de 1960, en argent, a été frappé à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires. Il en existe dans tous les tiroirs de France. Usé, sans millésime remarquable, il ne vaut que son poids d’argent — et aucun collectionneur ne le recherche. Son destin le plus courant, aujourd’hui, c’est la fonte.

Ce sont ces pièces-là que je travaille. Pas les autres.

Les six règles que je m’impose

1. Aucune pièce ayant une valeur de collection

Avant de toucher une pièce, je l’identifie : le type, le millésime, l’atelier, le tirage, l’état de conservation. Je consulte les tirages référencés. Si la pièce sort du lot — millésime peu courant, atelier rare, état exceptionnel — elle ne passe pas à l’atelier.

C’est précisément pour cela que j’ai appris la numismatique : pour savoir ce que je n’ai pas le droit de transformer. Quelqu’un qui achète des pièces au kilo sans les regarder ne peut pas faire cette promesse.

La nuance qui compte : monter n’est pas transformer. Cette règle vise la transformation irréversible — souder, percer, découper. Elle ne m’interdit pas de monter réversiblement une pièce de valeur à laquelle un client tient, sur sa demande explicite : un sertissage à griffes tient le disque sans jamais l’altérer, et le bijou se démonte pour rendre la pièce intacte, récupérable à tout moment comme objet de collection. C’est le seul cas où je touche à une pièce qui a de la valeur, et je refuse alors tout geste irréversible. Les créations les plus précieuses présentées ici — un dollar Morgan, un 20 francs or monté en chevalière — relèvent de ce cadre : montures démontables, pièce préservée.

2. Uniquement des monnaies démonétisées (pour mes créations de stock)

Je ne travaille que des monnaies qui n’ont plus cours légal. Le franc a cessé d’avoir cours en 2002 ; les pesetas, les lires, les marks n’existent plus comme moyens de paiement.

Jamais un euro. Jamais une pièce encore en circulation, française ou étrangère. Une monnaie qui a cours légal est un moyen de paiement, pas une matière première.

3. Rien d’antérieur au XIXe siècle

Les monnaies royales, médiévales et antiques restent intactes, sans exception. Leur valeur est historique et documentaire avant d’être marchande, et certaines relèvent du patrimoine archéologique. Elles ne sont pas à moi.

4. Je ne reproduis aucune pièce

Toutes mes créations sont montées sur des monnaies authentiques. Je ne fabrique pas de copie, ni de refrappe, ni de reproduction « dans le style de ».

Ce n’est pas seulement une question d’honnêteté commerciale : reproduire une monnaie, même une monnaie qui n’a plus cours, est une infraction pénale en France. Transformer une vraie pièce ne l’est pas. C’est contre-intuitif, et c’est précisément pour cela qu’il faut connaître le cadre avant d’ouvrir un atelier.

Corollaire : une création montée est manifestement un bijou. Elle ne peut, ni ne doit, pouvoir passer pour un moyen de paiement.

5. Chaque création est documentée

Chaque bijou est livré avec un certificat qui identifie la pièce support : son type, son année, son pays, son métal et son titre. Vous savez exactement ce que vous portez — et vous pouvez le vérifier vous-même.

6. Les pièces de valeur sont revendues intactes

Quand je tombe sur une pièce qui mérite d’être conservée, je ne la garde pas au fond d’un tiroir : je la décris et je la propose telle quelle aux collectionneurs. C’est la contrepartie logique de mon engagement, et c’est aussi ce qui me permet de continuer.

Comment vérifier

Toutes les créations indiquent la pièce d’origine et son millésime. Le tirage de chaque type est une donnée publique, référencée dans les catalogues numismatiques. Vous pouvez la contrôler.

Et si vous pensez qu’une pièce que je propose mérite mieux que l’atelier, écrivez-moi. Je préfère de loin apprendre quelque chose que de me tromper.