Style

Moderniste

1945-1960 : sobriété fonctionnelle, formes simplifiées, l'esthétique de la reconstruction.

L’après-guerre impose à la gravure monétaire une sobriété nouvelle, moins par choix esthétique délibéré que par contrainte matérielle et industrielle : alliages de circonstance, production en très grandes séries, besoin d’aller vite. Les types Guiraud (1950) ou les derniers types Lavrillier en aluminium adoptent des formes simplifiées, des reliefs moins profonds, une composition plus monumentale et plus lisible qu’ornementale. Ce style « moderniste » de la reconstruction trouve des équivalents dans d’autres pays européens sortis meurtris de la guerre, où la monnaie courante privilégie la fonction sur l’apparat. Il ne faut pas le confondre avec le modernisme comme mouvement artistique au sens large (qui le précède largement) : il désigne ici, plus étroitement, l’esthétique fonctionnelle et sans emphase des monnaies de circulation européennes des années 1945-1960, avant que la stabilisation économique des Trente Glorieuses ne permette un retour progressif à des compositions plus travaillées dans les décennies suivantes.