Technique

Frappe au balancier (au moulin)

XVIe-XIXe siècle : la presse à vis actionnée par un balancier, des flans réguliers et des reliefs nets.

Inventée au XVIe siècle et généralisée en France à partir de la réforme monétaire de 1640, la frappe au balancier — ou « frappe au moulin » — utilise une presse à vis actionnée par un long bras horizontal muni de poids (le balancier), que des ouvriers font tourner pour produire la force de frappe. Le procédé permet, contrairement au marteau, un flan parfaitement calibré (par découpe préalable au moulin monétaire) et une frappe centrée et régulière, avec des reliefs nets et une tranche qui peut désormais être ornée (cordon, inscription) — un progrès qui limite aussi le rognage frauduleux des pièces. Cette technique domine le monnayage royal d’Ancien Régime puis révolutionnaire et impérial jusqu’au milieu du XIXe siècle, avant d’être supplantée par les presses à vapeur puis mécaniques, plus rapides et permettant une cadence de production industrielle. Une monnaie frappée au balancier se reconnaît à la régularité de son flan et à la netteté de ses reliefs, très supérieure à celle d’une pièce frappée au marteau.