1961

Deux centenaires, un putsch

L'année où quatre généraux tentent de renverser de Gaulle, et où l'Italie fête cent ans d'unité à Turin.

Le 8 janvier 1961, un référendum sur l’autodétermination algérienne recueille en France plus de 75 % de “oui” en métropole. Ce vote, qui ouvre la voie à l’indépendance algérienne, cristallise l’opposition d’une partie de la hiérarchie militaire française. Dans la nuit du 21 au 22 avril 1961, quatre généraux cinq étoiles, Maurice Challe, Edmond Jouhaud, André Zeller, bientôt rejoints par Raoul Salan, tentent un putsch à Alger. Le 23 avril, de Gaulle dénonce à la télévision ce “quarteron de généraux en retraite” ; dès le 25, Challe se rend, et l’épisode se solde en quelques jours par un échec total. Paradoxalement, cet échec accélère le processus qui mènera, moins d’un an plus tard, aux accords d’Évian.

Au même moment, à des milliers de kilomètres de là, l’Italie célèbre à Turin le centenaire de la proclamation du royaume d’Italie, intervenue le 17 mars 1861 après la deuxième guerre d’indépendance et l’expédition des Mille de Garibaldi. La grande exposition “Italia ‘61”, qui se tient du 1er mai au 31 octobre 1961, attire près de cinq millions de visiteurs autour de constructions emblématiques comme le Palazzo del Lavoro ou le Palazzo a Vela — vitrine du “miracolo economico” italien, cette industrialisation rapide qui transforme alors Turin, Milan et Gênes. La 500 lires “Caravelles”, frappée à Rome cette année-là en argent 835 pour mille, représente au revers trois caravelles voguant côte à côte : la coïncidence de calendrier avec le centenaire est frappante, même si aucune source numismatique ne permet d’affirmer que cette émission courante ait été spécifiquement conçue pour le commémorer. Deux pays, la même année : l’un vacille sur son passé colonial, l’autre célèbre son unité retrouvée cent ans plus tôt.

Sources