Le 17 février 1934, le roi des Belges Albert Ier meurt accidentellement en chutant lors d’une ascension solitaire dans la vallée de la Meuse, à Marche-les-Dames. La disparition brutale, après vingt-cinq ans de règne, a longtemps nourri des thèses complotistes, définitivement écartées en 2016 par une analyse ADN menée sur des traces de sang retrouvées au pied de la roche. Son fils Léopold III lui succède dès le 23 février, six jours à peine après le drame.
La pièce de 20 francs millésimée 1934 porte pourtant l’effigie du roi défunt : la frappe d’un millésime en cours ne s’interrompt pas au jour près lors d’un changement de souverain, et une partie de cette production est donc nécessairement postérieure à la mort d’Albert Ier — un phénomène en réalité courant en numismatique, mais qui prend ici un relief particulier tant la disparition fut soudaine. Gravée par Godefroid Devreese, la pièce existe en deux versions linguistiques strictement parallèles, française et néerlandaise, reflet du bilinguisme institutionnel belge. Le royaume reste alors sur l’étalon-or, encore un an avant la dévaluation du franc belge de mars 1935 — cette 20 francs argent appartient ainsi aux tout derniers mois d’une politique monétaire qui allait bientôt céder, elle aussi, à la pression de la Grande Dépression.