Après la Première Guerre mondiale, la France manque cruellement de petite monnaie. L’argent et le bronze, dont la valeur en métal dépasse parfois la valeur faciale dans une économie instable, sont massivement thésaurisés par une population qui doute de la solidité du papier-monnaie. Face à cette pénurie aiguë, l’État charge, entre 1920 et 1927, les Chambres de commerce de faire frapper elles-mêmes des jetons-monnaie de 2 francs, 1 franc et 50 centimes en bronze-aluminium. Ces pièces portent la mention “Bon pour” suivie de la valeur, et l’inscription “Chambres de Commerce de France” — et non “République Française” : un détail qui rappelle qu’il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une monnaie d’État au sens plein.
Mises en circulation le 15 septembre 1921 à Paris puis le 15 novembre 1922 en province, ces pièces sont pleinement en usage lorsque ce 2 francs est frappé en 1923. Fait notable : leur fabrication, bien que confiée à la Monnaie de Paris, ne porte pas la marque du graveur général, contrairement aux pièces officielles — signe discret de leur statut particulier. L’entre-deux-guerres reste, en France, la période la plus faste pour ce type de monnaie de nécessité, un dispositif de circonstance qui perdurera jusqu’à la démonétisation de ces jetons, le 5 août 1949.