1868

L'Empire libéral, dernière lumière avant l'orage

En 1868, le Second Empire s'assouplit et prospère — deux ans avant de s'effondrer à Sedan.

En 1868, le Second Empire traverse sa dernière période de stabilité pleine. Napoléon III amorce depuis quelques années une libéralisation prudente du régime : l’action de la police politique se restreint, la presse critique plus librement, et cette année-là, en 1868 précisément, les réunions publiques sont autorisées — à condition, toutefois, de ne traiter ni de politique ni de religion. Cette décennie 1860-1870, que les historiens appellent l’Empire libéral, verra encore le Corps législatif obtenir un droit d’interpellation en 1867, puis des élections plus ouvertes en 1869.

Sur le plan économique, le pays vit une période de forte croissance industrielle et bancaire : le réseau ferroviaire, qui comptait 3 600 kilomètres en 1850, en totalise déjà plus de 23 000 en 1870. C’est dans ce contexte de prospérité et d’ouverture politique mesurée que continue d’être frappé le 5 francs Napoléon III “tête laurée”, type créé en 1861 en remplacement du portrait à tête nue — les lauriers célébrant les victoires militaires du régime en Crimée et en Italie. La pièce porte encore tous les insignes de la puissance impériale : aigle, sceptres croisés, collier de la Légion d’honneur.

Deux ans plus tard, en 1870, tout s’effondrera à Sedan. En 1868, rien encore ne le laisse deviner : cette monnaie d’abondance et de stabilité est frappée à l’apogée, ignorant tout de la chute qui vient.

Sources